Témoignages et presse

Franck Ledru
Président de l'association Artisan socialement responsable

« Les syndicats français classiques ne prennent pas la parole sur le sujet du salariat détaché, il fallait que quelqu’un le fasse pour dénoncer cette pratique déloyale et injuste ».

Philippe VIGIER
Député-Maire de Cloyes-sur-le-Loir et conseiller régional du Centre-Val de Loire

« Artisans socialement responsable » est une très belle initiative de la part de ces artisans. Nous faisons bien trop souvent le constat que les entreprises artisanales locales disparaissent petit à petit. Dans un contexte économique difficile où les groupes nationaux se positionnent davantage sur les petits chantiers, les entreprises locales souffrent d’une concurrence souvent déloyale. Sans oublier le manque de formation, le problème de l’apprentissage, les difficultés inhérentes à la transmission et/ou à la reprise d’entreprises qui contribuent également à la difficulté de maintenir un tissu artisanal « vivant ».


Afin d’éviter le dumping social, la législation de la Communauté européenne prévoit que les conditions d’emploi minimales du pays d’expatriation doivent être appliquées aux travailleurs détachés dans le pays concerné. Ainsi, le salarié détaché peut bénéficier d’un
salaire au moins équivalent au salaire minimal en vigueur dans le pays de détachement (le SMIC pour la France).


En pratique, de nombreuses entreprises se positionnent sur les appels d’offre avec des prix bas en prévoyant d’avoir recours pour certaines tâches à des travailleurs détachés. Par cette pratique, elles minimisent les coûts. Les entreprises locales, avec leur personnel qualifié, bien formé et stable ont des niveaux de rémunération supérieurs et sont souvent moins compétitives au niveau du prix alors qu’elles ont un réel savoir-faire et assurent de vraies garanties après-vente.


La formation des jeunes est indispensable pour pouvoir transmettre le savoir-faire, lutter contre le chômage par la qualification et garantir ainsi le maintien d’un artisanat local de qualité. J’ai moi-même, en tant qu’élu, initié la mise en œuvre de dispositifs d’aide à destination des artisans pour encourager l’apprentissage des jeunes au sein des entreprises locales.

Ce serait également une bonne chose d’engager une réflexion intégrant des élus afin de permettre aux acheteurs publics de pouvoir favoriser le choix d’entreprises pour des critères qualitatifs et « socialement acceptables » en soutenant le savoir-faire et la qualité de leur travail ; lesquels seront préservés par la formation et l’apprentissage qu’il faut encourager. En tant qu’élu, nous essayons en permanence de soutenir les entreprises locales dès que nous pouvons, dans le respect bien évidemment des procédures publiques qui nous incombent.
La création d’un label « Élu socialement responsable, ma collectivité s’engage » permettrait une meilleure visibilité sur les collectivités engagées ainsi que sur l’attention que porte l’acheteur public au respect de ses engagements sur la question du salariat détaché, la formation des jeunes, la qualité des savoir-faire et du travail exécuté par les entreprises locales. C’est ce que je fais depuis 16 ans en tant que maire et Président d’une communauté de communes.

Luc LAMIRAULT
Vice-Président du Conseil départemental d’Eure-et-Loir

J’ai entendu parler de la création de l’association « artisan socialement responsable » il y a peu de temps et ce groupement d’artisans engagés. Cette démarche positive et constructive qui valorise notre savoir-faire français et les formations dispensées sur notre territoire m’a tout de suite interpellé et j’ai totalement adhéré. Bien évidemment, dans le combat de l’association, il n’est pas question de remettre en cause la loi définie autour du salariat détaché. Je maintiens que la loi doit toujours s’appliquer, cependant il est nécessaire de mieux encadrer et contrôler ce système pour éviter la concurrence déloyale et paralyser l’emploi de nos territoires. En défendant le savoirfaire artisanal, cette association défend aussi la formation. L’artisanat démontre depuis toujours son savoir-faire dans l’encadrement des jeunes, malgré certaines contraintes administratives. Il serait souhaitable qu’un assouplissement se fasse sentir pour faire perdurer cette transmission du savoir.
L’engagement des membres de l’association est certain et, pour avoir participé à plusieurs groupes de travail, je connais leur ambition à vouloir sensibiliser les collectivités et leurs élus, notamment pour ce qui est de l’attribution des marchés publics. Je poursuivrai mon engagement à leurs côtés et m’efforcerai de mettre mes convictions en œuvre dans l’ensemble des collectivités dans lesquelles j’exerce une représentation.

Laure De La Raudière
Député-Maire de Saint-Denis-des-Puits, Vice-Présidente du Conseil départemental d’Eure-et-Loir

Je partage l’engagement des artisans euréliens ayant créé l’association « artisan socialement responsable » et je les en félicite : ils ont mon plein soutien, depuis le démarrage. Nous en avons régulièrement parlé avec les initiateurs, notamment Franck Ledru. Créer ce label permet d’identifier clairement les artisans qui respectent les normes sociales françaises. C’est important comme message commercial et je suis certaine que les habitants de l’Eure-et-Loir y seront sensibles. Je les invite à relayer cette initiative.
Je défends au niveau national la formation des jeunes, l’apprentissage notamment et je regrette les errements du gouvernement sur ce sujet. L’engagement des jeunes dans les métiers de l’artisanat, source d’emplois sur nos territoires, est majeur pour la transmission des compétences et des savoir-faire français. Pour cela, il faut donner aux entreprises artisanales un environnement où la concurrence soit équitable. Le débat se situe au niveau français, dans le contrôle de l’application des règles françaises du travail et de sécurité. Il se situe aussi au niveau européen pour lutter contre le dumping social de certains pays.
Je suis également favorable à la création d’un groupe de réflexion intégrant des élus de territoire pour réfléchir à la possibilité d’intégrer dans les cahiers des charges des marchés publics des collectivités, une clause sur l’engagement des entreprises répondantes en matière de salariat détaché et de formation des jeunes.À Enfin, et chaque fois que ce sera possible au regard des règles des marchés publics, je m’engagerai pleinement dans cette démarche et choisirai les artisans qui respectent clairement les règles susmentionnées et s’inscrivent clairement dans la démarche « artisan socialement responsable.

Harold HUWART
Vice-Président du Conseil Régional du Centre-Val de Loire

« Face au développement accéléré du recours au travail détaché en France, il est urgent de réagir aussi au niveau local. La mobilisation des élus est évidemment nécessaire, mais les artisans aussi doivent agir et faire de la pédagogie auprès des consommateurs. Car, à terme, c’est le maintien des services artisanaux sur notre territoire qui est en jeu, et contrairement à ce qu’on peut parfois penser, tous les métiers sont concernés !La lutte contre le salariat détaché et la formation des jeunes sont les deux piliers d’une vraie politique régionale en faveur de l’artisanat, et ils sont liés: comment convaincre des jeunes de rejoindre l’artisanat si rien n’est fait pour défendre l’artisanat local contre la concurrence déloyale qui déstabilise notre système social? Avec François Bonneau, nous avons lancé une stratégie régionale pour valoriser l’artisanat local et lutter contre le travail détaché. Concrètement, nous allons engager le travail avec les représentants des chambres pour réaffirmer le principe de lots accessibles dans les marchés régionaux et voir comment adapter nos commandes aux spécificités des offres locales. Les collectivités publiques se doivent d’être exigeantes en matière de respect des règles de sécurité, de santé au travail, de recours abusif aux sous-traitants, etc.. Les moyens d’action sont plus ouverts qu’on ne le croit généralement, et la dernière réforme du code des marchés publics a encore accru ces possibilités. Je le vois dans les chantiers que conduisent les collectivités où je siège par ailleurs, à Nogent-le-Rotrou.L’association a créé un label « élu socialement responsable, ma collectivité s’engage » et je suis prêt à engager la Région Centre-Val-de-Loire dans cette démarche. Nous soutiendrons l’association et nous mobiliserons des moyens pour accompagner les actions qui seront lancées. A terme, il est clair que ce label, si nous réussissons à lui donner un contenu précis et solide, pèsera lourd dans les politiques d’achat des collectivités locales. »

Thierry ODDO
Dirigeant de la société Artémis Bâtiments à Fontaine-la-Guyon.

« Chez Artémis Bâtiments, nous adhérons aux valeurs de l’association depuis toujours.J’ai dans mon entreprise des salariés polonais embauchés avec des contrats français, dans la stricte légalité et qui sont heureux de vivre et de travailler en France. Ils ont le même salaire que mes salariés français et je paie les cotisations pour tous mes salariés sans conditions d’origine. Mon entreprise est très engagée dans l’apprentissage, nous avons en moyenne 2 apprentis par an, c’est dans notre ADN de former les futurs entrepreneurs de nos métiers.C’est donc tout naturellement que nous avons eu envie de faire partager notre engagement à nos clients par le biais du label « artisan socialement responsable ». Nous sommes fiers de nos convictions

Patrice DEBAQUE
Président d’Envirobat Centre

L’inscription des artisans dans une démarche volontaire «d’artisan socialement responsable» est une initiative à porter avec le plus grand enthousiasme et le plus grand espoir face aux constats en cours. Sans la plus grande adhésion s’amplifieront les situations que nous relevons tous aujourd’hui.
> un chômage des acteurs du bâtiment sur le territoire de la région qui s’amplifie de jour en jour,
> une perte des savoir-faire,
> l’absence de tuteurs nécessaires à la transmission des savoirs vers les plus jeunes.
> un gaspillage de l’argent public (dont la source est l’impôt) depuis les initiatives locales jusqu’aux incitations fiscales, qui n’est alors pas mobilisé dans l’économie immédiate d’un chantier mais vient soutenir un système destructeur du tissu local, en rémunérant des acteurs qui ne sont que des intermédiaires, assemblant au coup par coup des heures de main d’oeuvre (à bas coût) à des fournitures (d’origine rarement de proximité)
Or l’acte de construire était et peut être encore contributif :
> de la montée en compétence d’un territoire face aux enjeux de la transition énergétique
> de la montée en compétence d’un territoire pour lui permettre de la résilience
> de l’économie circulaire, solidaire, et stimulant les proximités
> de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises du territoire
> de l’apprentissage, la formation continue
> de la culture, la construction étant le reflet de l’identité d’un territoireLe temps d’un chantier est un temps d’expériences, où est mis à l’épreuve de l’expérience. Cette mise à l’épreuve produit alors de nouvelles connaissances, qui permettent d’espérer une certaine excellence, et pour le moins de voir croître cette expérience. Il s’agit ici d’un espace ouvert à l’innovation nécessaire à l’avenir et au rayonnement d’une région. Il s’agit ici pour chacun d’apprendre de l’autre et par les solidarités entre les acteurs de progresser ensemble. Ces temps de chantier ne peuvent se solidifier sans reconnaissance du chemin parcouru et sans permettre à chacun des acteurs de se situer à proximité des uns et des autres, et de soutenir le dialogue. Un chantier n’est pas la somme des spécialités qui se développeraient les unes à côté des autres, mais le territoire commun où elles s’influencent les unes et les autres en permanence, chacune étant une force agissante au profit de toutes. Le recours à la main d’œuvre déplacée, qui n’a vocation qu’à traverser un territoire le temps d’un chantier défait ce jeu singulier et sensible, et dissous le socle du commun, contraignant à le renouveler chaque fois, et donc à stagner pour le meilleur et aller à absence de qualité voire de contre performance pour le pire. Cette main d’œuvre n’est pas directement responsable car elle est également placée dans ce contexte en souffrance, venue accomplir une tâche (souvent difficile) sans perception du sens que cela doit produire, pour un salaire niant sa dignité.
De l’ensemble de ce constat, il peut être établi :
> Des exécutions de contrats en décalage avec les critères d’attribution et les intentions de la commande, qu’elle soit privée ou publique.
> Une perte d’emplois au sein des PME régionales et locales
> Une diffi culté pour les apprentis en région à trouver une entreprise et un tuteur.
> La difficulté de voir des compétences régionales se constituer pourtant fléchées par des politiques publiques
> L’impossibilité de valoriser des démarches volontaires R.S.E des entreprises régionales
> L’impossibilité de valoriser de l’innovation.
S’inscrire dans cette démarche volontaire de l’artisan socialement responsable est
> affirmer quel habitant et quel acteur on souhaite être pour son territoire,
> se mettre en mouvement pour ne pas subir ce qui n’est encore pas une fatalité,
> assurer plus qu’un avenir mais un devenir à son entreprise
> s’assurer de se forger un outil performant pour répondre aux enjeux de demain

Bernard MONGUILLON
Client à Nogentle-Rotrou.

J’apprécie cette démarche qui prend en compte l’aspect « d’artisan » : le professionnel diplômé, synonyme de qualité ; ainsi que l’aspect « responsable » : la conscience que l’on vit avec d’autres.Cela correspond à mes valeurs personnelles.
De plus, c’est une démarche positive, qui ne va pas à l’encontre de quelqu’un, mais qui valorise les professionnels qui ont le souci de l’environnement dans lequel ils vivent.

Pour moi, les logiques de service et de disponibilité sont importantes ; voilà pourquoi je privilégie des « artisans socialement responsables ».
Je suis moi-même père de famille, mes enfants choisirons peut être la voie de l’apprentissage. Il est essentiel de ne pas le tuer et de défendre le travail local et toutes les valeurs qui vont avec.
C’est à nous de choisir dans quelle société nous voulons vivre.

Michel Cibois
Président de la chambre de Mériers et de l'Artisanat d'Eure-et-loir

« Notre cible n’est pas le plombier polonais ou roumain qui est souvent exploité et subit lui aussi ce statut. Nous luttons contre le détournement du statututilisé pour le faire travailler à moindre coût. Nous ne cherchons pas à faire travailler que des français en France bien évidemment : nos collègues artisans étrangers sont les bienvenus s’ils travaillent en règle avec les mêmes obligations sociales que les entreprises artisanales françaises».